Les principaux changements par standard
Environnement (E)
E1 – Changement climatique
Le climat reste prioritaire avec des exigences élevées, mais trois ajustements importants sont introduits.
Changement 1 : Périmètre des émissions GES
Les émissions doivent désormais être reportées selon le contrôle financier (non opérationnel). Une entité est incluse dans votre périmètre carbone si elle est consolidée dans vos comptes. Ce changement aligne le reporting carbone avec le reporting financier, facilitant la cohérence et réduisant les risques de double comptage.
Changement 2 : Exemption pour les institutions financières
Les banques, assurances et gestionnaires d’actifs ne sont plus obligés de publier la valeur absolue de leurs objectifs de réduction pour le Scope 3.15 (émissions des portefeuilles d’investissement et de prêt). Le reporting en intensité carbone (tCO2e par M€ investi, par exemple) suffit, rendant les chiffres plus comparables et pertinents.
Changement 3 : Phase-in
Phase-in jusqu’en 2029 pour les effets financiers anticipés du changement climatique, permettant une montée en charge progressive des capacités de modélisation.
E2 – Pollution
Trois simplifications significatives sur ce standard.
Simplification 1 : Phase-in sur les polluants dangereux
Les “Substances of Concern” (substances dangereuses) peuvent être reportées progressivement :
- 2028 : Substances prioritaires (les plus réglementées ou dangereuses)
- 2029 : Extension progressive
- 2030 : Couverture complète
Simplification 2 : Disparition du calcul des effets financiers
L’obligation de calculer les effets financiers des risques environnementaux liés à la pollution disparaît, allégeant considérablement la charge analytique.
Simplification 3 : KPIs simplifiés
Les indicateurs sur les micro-plastiques et certains polluants sont simplifiés, avec des exigences de reporting allégées.
E3, E4, E5 – Eau, Biodiversité, Économie circulaire
Pas de modifications structurelles majeures, à l’exception de la disparition du calcul des effets financiers (comme pour E2)
Social (S)
S1 – Personnel propre
Nouvelle définition : salaire décent
Basée sur les principes de l’OIT, cette définition précise qu’un salaire décent doit couvrir les besoins essentiels du travailleur et de sa famille (logement, alimentation, santé, éducation). Cette clarification s’applique à tous les pays, y compris dans l’UE.
Application pratique : Comparer les salaires versés avec les références de “salaire vital” disponibles (Global Living Wage Coalition), mesurer les écarts, expliquer vos actions pour les combler.
S2, S3, S4 – Chaîne de valeur, Communautés, Consommateurs
Simplification majeure : interactions avec les parties prenantes
Les exigences de publication autour des interactions avec les parties prenantes sont simplifiées. Vous n’avez plus à détailler exhaustivement chaque processus de consultation.
Simplification des moyens de remédiation
Les exigences concernant les moyens de remédiation des impacts négatifs (mécanismes de réclamation, processus de réparation) sont également allégées, avec un focus sur l’essentiel : existence, accessibilité, et résultats.
Gouvernance (G)
G1 – Conduite des affaires
Trois évolutions majeures sur ce standard.
Évolution 1 : Harmonisation de la structure
La structure du standard G1 est réorganisée pour s’harmoniser avec les autres standards environnementaux et sociaux. Cette cohérence facilite la navigation et la compréhension. Il est désormais très clairement établi que vous devez vous appuyer sur les GDR (ex-MDR) pour décrire votre stratégie de conduite des affaires : Politiques, Actions, Objectifs. Cette clarification lève toute ambiguïté sur la manière de structurer l’information.
Évolution 2 : Simplifications sur la corruption
Les exigences qualitatives se concentrent sur la prévention : politiques anti-corruption, formation, systèmes de détection, due diligence sur les partenaires. Moins de données quantitatives sont désormais exigées : l’obligation de reporter les incidents de corruption confirmés a disparu.
Évolution 3 : Simplifications sur les paiements
Le reporting se concentre désormais sur les délais de paiement aux PME (non plus tous fournisseurs), répondant à un enjeu social et économique réel. À reporter : délais moyens PME, pourcentage de factures payées dans les délais, actions d’amélioration.
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